jeudi 19 juillet 2018

Jim Hawkins

Quoiqu’il arrive
je reste Jim Hawkins
et il n’y a rien qu’ils puissent y faire,
khoya

d’un cheveu j’ai précédé la Comète de Halley
les hommes qui la regardent sur les
tapisseries de Bayeux
m'attristent et me rassurent

Jim Hawkins
microclimat chérit sans effort
inlassablement je m’efforce de me replacer
sur sa carte
sa carte aux bords brûlés
Jim furtif
Jim qui va t’étrangler toi et ta frontière
chaque jour davantage il s’en remet aux plantes
à tous leurs passagers qui n’ont inventé
ni monnaie ni règle
depuis 1994, un jeune homme noir du Queens
lui dit qu’il ne dort jamais
car le sommeil est le cousin de la mort
alors il se méfie des territoires de la nuit
sait que les couleurs primaires s’effritent et  
tendent à s’éteindre sur le cours du temps
que la vie s’évade comme le sang tiède de la bête sacrifiée

il écoute le bruit de sa respiration
tout va bien, il perçoit encore
le bruit de fusillade des ailes d’oiseaux
qui se lèvent dans le brouillon vert gras,
extraordinaire,
de l’Ile qu’il n’a jamais respiré
il cherche le regard du chien, pas du maître
et se régale à la loupe de la danse des
abeilles
tout va bien,
aucun drapeau n’est planté sur le dos 
de Jim Hawkins

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