dimanche 18 mars 2018

De l'or à mâchouiller

Des chiens s’étendent se diluent dans les flaques de soleil
devant la maison de Nikolaï Vassilievitch Gogol
qui croule lentement, grain à grain
j’ai mordu dans ces murs de faux pain
les trottoirs sont larges, en peau de terre soiffarde
les arbres ont des chaussettes de tennis
deux heures deux mois de plus ici
et je vire gopnik inouï, voyou mais pacifique,
je rejoins les chats languides lavés d’acacias
les rues pilonnées d’or
la plus onctueuse, la plus riche constellation jamais arpentée
confite dans une note ultime échappée, suspendue
sur la table fume encore le repas de ceux qui ont couru
assez vite pour fendre la mer et dormir à New York sud
les grues se penchent sur une eau gluée, avancent dans la rouille
s’épargnant d’enfanter des silhouettes menaçantes
deux minutes deux siècles de plus ici
pas besoin de flic, de public,
je m’inventerai des racines, mentirai
pour m’attacher aux feuilles plus brillantes que les dômes
aux voleurs accroupis
aux étals de fleurs de fête, améthystes mortes serrées de cordelettes
aux ciments épicés
Odessa, ta pente est douce
je te connais à peine

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