dimanche 18 février 2018

Leçon de choses


J'ai vu des cochons sauvages
butiner des tas d'ordures qui me survivront
à quelques pas d’une eau limpide et froide
métal précieux d'une rivière douloureuse
dans le même train, ici, satori, zapoï
restent pour moi des portes de bois rouge, des voiles de cuir odorant,
contre lesquels je donne des coups d'épaule
en vain
au bord de cette rivière
j'ai regardé disparaître ma dépouille du jour
attirée avalée par le courant
c'est toujours un peu de l'enfance
que l'on pèle ainsi
puis j'ai mangé un poisson fumé
noir de sel et d'attente
en songeant combien son cœur était plus pur que le mien

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