dimanche 5 novembre 2017

Fin de nuit sur ta cage


Porte claquée
au coin, derrière la vitre de l’étal
les têtes de moutons te giflent,
mais pas assez pour que tu les abandonnes
renverses le tout, fasses le verre gémir
tu marches
aux lueurs sans tambours
tu ôtes tes vêtements un par un
tu ne le fais pas mais tu y penses
et chaque pas s’alourdit de ces petits tas de tissu que tu n'oses faire naître
avant d'y mettre le feu
ce t-shirt, tu n'y sens que ton odeur
mais du sommeil et des rires volés
sont dans chaque fibre
le plus sale des butins
ne dort jamais longtemps dans le ventre des cargos
tu longes les édifices
aux heures brunes
tu le hais ce fatras qui passe au travers des cartes
et la vie qui s'en échappe envers et contre tout
fumée volage aux relents magnétiques
entre les murs de pain sec et de béton traversés de métal
vieilles blessures longuement dissimulées
cette pliure de mégot, que serrent deux pavés qui méritent l'explosif à ton goût
admet-le, tu t'y vois, mais sans la magie des années où rien n'était signe
à présent
une voix te nourrie sans trêve
les mêmes maladies sont sur les bâtisses
et les hommes

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