jeudi 21 septembre 2017

Retour sur terre


Grande banlieue, collines vierges à nouveau
des swastikas énormes sur un portail
ciel noué
tout suinte
palissades, ossuaire d’engins
deux jumelles de l’âge des cartables te scrutent
à travers la teinte rare de leurs tresses
le père attend sous le cirque de feutre
il a déjà sur les épaules son manteau d’où pleuvent des serpents de cuir
deux yeux sur le front
tambour, spasmes effrayants
ce dialecte de la nuit que tu parlais enfant
et elle sait tout, cette voix qui emprunte le corps
tu te demandes en regardant tes pieds si tu peux lui cacher quelque chose
sous ton front c’est électrique comme un aquarium surpeuplé
une crampe mord ta jambe, à reculons tu sors
étourdis
un souhait dans une larme de lait projetée vers le ciel
puis retour sur terre
cette journée trempée qui emmure
masque éteint, il soulève son t-shirt
un long trait blanc sur les côtes
frontière, contrebandiers touva, une balle, un poumon abandonné dans la taïga
un peu d’alcool brûle dans ses yeux, les tiens
tu dois promettre de revenir
les nuages chargés de poudre n’en finissent plus de creuser le chemin


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