samedi 5 septembre 2015

Système

Le corps diminue. Ils frappent.
Il est à terre, très blanc sur les scories, le sol de l'Usine.
Après celui-ci un autre viendra, puis encore un autre, chaîne sans fin.
Ils frappent lentement, comme une foulée de coureur de fond. Rituel ou travail précis.
Ils insultent la peau, par vagues.
Le sol vire aigu, profond. Le corps fait comme un poing serré, refermé sur le cri. Il prend peu à peu toute la lumière autour.
Ils diront qu'il y avait des sirènes, des heures de début et de fin, ils recracheront le rythme de rameur aveugle.
Ils frappent. Le ciel perd de ses étages régulièrement selon les scansions venimeuses.
Le corps décroît encore et encore.
Il prend l'air d'une maison délaissée, que la nature reprend.

Le sifflet est une lame ultime. Les coups cessent. On se détourne de cette flaque trop noire et sans langue.

Peu à peu le corps se dénoue.
Soudain les bras les jambes l'arc dorsal se déploient. Il s'ouvre, fleur mangée de sang. Un miroir remplace entièrement la peau du visage. Personne n’est plus là pour s’y refléter.
    

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire