mercredi 20 mai 2015

pièce n.66: l'avertissement

Je sortis précipitamment. Les deux coups de feu n'étaient pas encore retombés. Autour de la cabane, les herbes familières étaient soudain très hautes. Et bien avant que ne saigne le ciel, les collines s'étaient levées d'un seul mouvement.

Trois, quatre silhouettes, vite bues par les arbres.
Peut-être des orpailleurs. Quelques jours plus tôt, marchant à l'inverse de la parole du fleuve, j'avais dépassé leurs plaies à la terre.
Peut-être ces tigres la foule la ville la plus proche tout ce que j'ai voulu sortir de ma carte.

Ils m'ont retrouvé. Loin des maisons sifflantes, sur l'épaule de cette plaine polie de lune, là où la forêt ne rend pas la lumière, le crime est venu. Ils ont envoyé leur signe le plus cru, la langue la plus sûre.
Pas de cri, pas de cadavre, mais leur passage disait : « où que tu ailles, nous entrerons toujours dans les ombres que tu bâtiras. Nos mains sont déjà dans l'air que tu respires. »
Moins d'une heure plus tard je brûlais tout et je partais.  

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