dimanche 29 mars 2015

pièce n.63: cheval de frise

Une eau grasse remplace l'air. La ville tout entière comme un repli de peau cendrée. On n'en sort pas, ou bien blessé, mis à nu.
J'ai rôdé là où Elle s'affaiblit. Des plaines immenses et bétonnées, des promenades de maison d'arrêt où les machines piétinent, où la nuit est salie de lumières.
Les halos rejoignent des solfatares de fièvre. Certains néons servent à isoler les roseaux contraires, nous. Les portes sont dissimulées. Et le bruit des moteurs suffit comme sentinelle.

Cette sorte d'usine a faim de trop de sang. Il nous faut gagner là où les pierres sont libres. Nous n'avons pas de carte mais nos pieds trouveront la crème épaisse des herbes hautes.
Organiser notre fuite. Ce sera dans et malgré le métal de l'aube. Soleil adulte il est trop tard, je travaille sur ce versant du jour et de la foule qui font de moi un presque chat.

Partir, abandonner ses coffres et les machines qui se mettent entre la peau et les choses. On peut craindre le froid de la vraie route. Mais celle que j'accompagne a des champs magnétiques qui prolongent ses veines.

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