lundi 16 mars 2015

pièce n.62: sans contours

La ville sans faunes a chassé la ville à couteaux tirés.
Hier j'ai éteint l'avenue familière, des ciseaux sous les paupières. Déjà dans le voyage du sommeil les figures hurlantes les incendies motorisés faisaient le travail du pollen sur un autre versant.

Cette ville-là est neuve pour moi. C'est une carrière de craie mutilée que le soc du temps ne touche pas. Elle s'organise autour d'un port impénétrable. Les cargaisons de climat blanc s'infusent à peine débarquées. Je ne sais des appareillages que les grandes peaux mortes que l'on achemine vers les quais. Elles couvraient des formes inconnues.

Je cherche en vain les bras refuges des racines émergées. Les silhouettes que ma seule voix plonge dans la nuit ont le visage cousu de signes magiques. Ils vont chasser, ils pêchent, ils tournent les pages du ciel sans effort.
La mer ici n'est pas une confidente. Je l'aperçois de ma fenêtre, suspecte car elle ne se secoue pas de ses pastels gras.
La centrale électrique, condamnée, contient encore des bruits d'ailes. Les nuages sont des pierres. Les journaux passent dans le ciel, illisibles. Un index et un œil habillent les brumes et se partagent les rues. C'est l’imitation de sommeil qui a cours ici et tient toutes les administrations.
Organiser un accident, prouver que la ville est exsangue. Hier est une autre. Hier encore il était temps de négocier avec la lumière. A présent tout est dans le piège à loup d'une aube sans contours.    

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire