jeudi 30 octobre 2014

pièce n.59: sans titre

Un corps est sur la table, vidé de lumière.
J’ai peine à le reconnaître. C’est le passeur qui négociait mes aubes.
La nuit a pris ce corps mais ne l’a pas couvert. Son argile est retournée à celui de l'enfance.
Il y a comme un cierge au-dessus du visage, à l’endroit du souffle. Je vois des djinns dans le bleu de la flamme.
Le crépuscule était une fièvre verte, la veillée d’un enfant malade, le front comme un galet de cire.
Il ne m’aidera plus.
Il y a dans le chant de la terre des bris de verres qui dérivent. Personne n’est plus là pour me couvrir les yeux. Personne pour défendre le pain de mon sommeil. Il faut rallier seul les clameurs et les plaintes qui montent d’un puits.
Le silence ce navire c’est la nuit même qui vous prend, comme une infinité de plantes s’accrocheraient à votre corps.
Fuir et passer ce haut mur.
J’atteins le jour. Et là, tu le sais, tous savent, d'autres lames sont spécialement disposées dans l’air.

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