samedi 1 mars 2014

pièce n.41: bords découpés

C'est la descendance des faubourgs, l'estran méconnu, un bras armé.
L’air y est au métal. Les gens longent le cirque comme une rivière obligée, ceux qui désobéissent et savent les angles ombrés ont la lame adéquate et disparaissent aussitôt. Ils vivent ici.
Quelques stades comme semés au hasard, des murailles en miroir, les chantiers s’étendent et s'épuisent, la mer qu’on attendait sans être dupe est repoussée loin, plus loin que la ville d'après, plus loin encore que l'année à venir. Si l’eau est ici, elle combat muette par les soubassements, par les piliers qui ne se lisent que sur des cartes de contrebande.
Je suis d’ici, des Portes.
Avez-vous dormi sur une frontière ? Les matins viennent affaiblis, la nuit sort sans tourner le dos au danger des fins de feux. Les bancs sont des cafés, des lits pour de bon.
Il y a comme une musique de piège. Les saisons sont des miniatures, elles tiennent dans le poing.
Si un visiteur ami vient à passer, je descends tracer à l'avance les rues qui n'existent pas jusque chez moi.
On se saisit des vents contraires, les lignes croisées de ceux pour qui la ville-mère est permise finissent dans nos mains, le cuivre brille et disparaît bien vite dans le sac de quelques chats que la * nuit embrasse. Et sous les entrelacs de ponts dort l'argile incertaine de nos groupes, ils toussent dans un bruit de verre charrié mais ne pleurent pas.
Je suis des Portes, l’enfant des notes injouées.

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