mardi 4 février 2014

pièce n.36: sans titre

Je les entends monter. C’est ma faute, je les appelle du sang. Ils viennent du réel et s’infusent à la station que j’ai là, au front, en cercles grandissants.
Comme ils rentrent je suis prêt, mon masque juste replacé, un petit masque hideux aux latitudes et longitudes idéalement trompeuses. Un masque assez banal pour la rivière en cours. S'y fondre. Des moyens de fortune pour une époque aux nids d'aigles mutilés.
Ils cherchent, glissent dans toutes les ombres de la pièce.
Je me suis mis à respirer le plus doucement possible. Je prends le train en marche du pouls de la charpente. Faire nager dans les nœuds de bois ses textes de colère, soustraire à leurs rayons tous nos pas contraires.
Ils m’ont trouvé sous les toits, une chambre haute et suspecte, presque une cache, mais puisque mon visage est fondu sur un modèle courant, que l'on retrouve sans peine la filiation d’usine…Ils cherchent encore. Ils ont les atours inchangés de ceux qui ont l’État pour eux.
Ils m'effraient. Car tous n'ont pas ma chance. Car je cache quelqu'un d'autre dans le masque. * Ils ne doivent pas me prendre mon souffle frère, balise lointaine à nue, aux cheveux sans arrêts, 
mon tout petit pays de chair que j’entoure bien facilement des bras et qui a les traits d’une caresse et d’un cri.

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