mercredi 29 janvier 2014

pièce n.38 : le plan

J’ai commencé déjà couché au ras de l’onde. Plus j’allais dans l’âge et plus mon œil approchait l’eau. L’aimant se laissait voir, j’approchais de mon long sa contre-mécanique, dans ce bruit de tessons solidaires qu’a la mer quand elle se sait loin des regards. Admettons.
Plus le corps vieillissait, d’abord sur le radeau puis sans, plus il s’équilibrait sur l’eau comme pour un grand ouvrage qui marquerait le temps et l’appartenance du corps au présent.
Plus le corps vieillissait d’après naufrage, moins j’étais en droit d’être innocent.
Le ciel azuréen est dangereux ouvert, ouvert sur l’enfance en août continu, c’est un champ magnétique, blessé peut-être. À la nage je suis visible à la brûlure.
Alors que le drame gesticule, le corps va comme accoster à son point d’équilibre.
Je n’ai même pas vu le radeau disparaître, je n’ai pas vu que le ciel mentait sur son poids. La police me cherche. Il s’agit de passer sans un crime au travers des eaux fortes, des pleins wagons d’eau de mer et la dérive s’allonge…

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