dimanche 1 décembre 2013

pièce n.35: tandis que je m'abîme

De l'aile, j'attends j'embrasse tout
tandis que je m'abîme
notre silence va vers un silence trop grand
la course brode pour moi-seul une cellule où toute image est exclue
la course
elle croît, parfaitement régulière
l'aimant
la musique enjôleuse du puits
sans traits précis
son œil m'est consacré
tandis que je m'abîme
je vois mon corps diminuer
les peaux se succèdent
La partition courue par l'air est telle que je suis dépossédé de mes souvenirs
alors il crie pour moi
et d'être déchiré
si vite
le métal va frapper l'eau
un autre métal
une autre langue
celle que les pierres ont mangée
à moins que je ne sois dans le roncier de la nuit
c'est la fin de cette musique atroce
et dans le même instant ma vie se déploie comme un cobra qui ne peut plus fuir et se rétracte et se tord brû dans une scansion antique

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