dimanche 29 décembre 2013

pièce n.28: la rive aisée

J'ai grandi glissant le long de la rive. Les yeux grands ouverts, avides. Je finis par y distinguer des visages familiers qui se formaient se troublaient comme au jet d'une pierre se dénouaient. Quoique la géométrie les tînt déjà, je les reconnaissais sans pouvoir mettre un nom sur aucun d’eux. Ils m’appelaient du bord, me faisaient signe, tenant haut le tison de leurs villes mensongères.
Le courant roulait justement vers eux.
A mesure que je m’approchais, le monde éclairé de la rive offerte s’ajusta, celui-là même considéré comme le seul connu, le seul qu’il faille courir.
La police les militaires l'assemblée ne toléraient pas d'autres théâtres de silhouettes.
A mesure que je m’approchais, je vis plus nettement le cri débordant des ombres portées des maisons, je vis le cadre et l’étoffe que l’on m’avait – déjà !- dessiné.
Alors la peau l’échine surent trop bien le serpent aux aguets, alors je secouai le lit, je secouai le cours du jour et me tournant d’une violence entière de l’autre côté, tandis que leurs invectives trouaient l’eau çà et là comme un feu nourri, j'inventai dans l'urgence l'autre rive et je nageais vers elle.

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