lundi 28 octobre 2013

pièce n.26 : être repris

1.
Une rue. Coup de feu !
Je décide que c’est une rue américaine, de celles qui accélèrent en continu. De ses eaux à la chaleur de mon nid, une vitre et vingt cinquante cent mètres de falaise pure. 
Que le verre soit poreux sans voler en éclats, que des lianes noires et mauvaises, trop bien informées, montent en silence, que la pluie d'yeux lourds de titane puisse m'atteindre à travers le toit, voilà ma crainte à la détonation. 


2.
Il n’y aura pas d’autre coup de feu. C’est trop tard. Tout s’est enclenché, dans un mouvement de métal indépassable, inouï. C’est là, dehors, et cette chose se déplace en conscience. La cité ne nous a pas trahis. Mais c'est nous le sang vaincu de ses canaux, c'est nous que l'on cherche.

3.
Je suis assis près de la fenêtre, bercé comme une mère par le vide. La fin. Je laisse une dernière fois le miel goutter sous mon front, les yeux clos comme ceux d'un chat brûlant.
Ce refuge ne tient pas. Un accident à découvert. Et la grande hauteur ne m'a pas secouru.
Déserteur, voilà ce qu'ils diront, dans ce qui n’était rien moins qu’une cabane d’enfant réécrite.
Quel œil déniche ? Le mouvement des choses, tout simplement, le cercle raisonné, le souffle d'ici le pas uni de la foule en contrebas c’est déjà un bras vers ta course, un bras vers ton épaule.

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