lundi 3 juin 2013

pièce n.13: la raison du groupe

Le drapé d’arbres encore trouble et cendré. Les plantes épaisses ont les atours d'une cache.
Je m’approche.
Quelques pas suffisent à lisser le grain de silhouettes affairées.
Je distingue leurs visages. Ils couvrent tout le spectre de la modernité. Ils sont penchés sur un corps inerte, une ombre noire étendue sur l'ombre verte acide. Et des yeux, les gouffres sans appétit de l'air.
Ils versent sur son front des torrents de propos logiques. Des chiffres aux visages de pluie et des raisonnements convergeant telle une flotte militaire.
Ils ne sont pas armés. Les mains vides, habillés de la manière la plus banale, ils peuvent faire taire les arcs électriques que l'on a dissimulés sous nos manteaux. Le goût de machine, le métal et l'arbre d'une administration sont convertis en brefs vols suaves. Des conciliabules.
Et puis ils sifflent la fin du rite, lancent un incendie depuis le corps et quittent les lieux.

Ils m’auront ainsi, un matin comme celui-ci au ton égal et neutre. Je n’ai pas de cache. Les journaux diront que c'est l'heure de la paix la plus tendre. Et toujours pas de drapeau précis dans la main de l'ogre.

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