dimanche 10 février 2013

pièce n.07: les plaies mineures

Rien ne recoud l'échappée
des fuyards
des agitateurs
forment l'orchestre clandestin qui m'accompagne
j'ai là tout contre moi
ce rouage aux saisons capricieuses
des tessons charriés dans un courant immuable
une plaie

Allongé, à couvert,
j'entends passer le cortège de l'hiver
les arbres sacrifiés
sur le chant de la terre nue, les yeux clos
je ne veux pas m'accrocher à ses pas
il ne faut pas qu'il me trouve
et ranime ces flammes que j'ai là, dessinées sur le corps
je me cache de cette nuit qui avance masquée
messagère des effluves armes blanches, chiens fous retenus dans la nasse du souvenir
j'ai tenté d'étourdir ces départs de feux
emmené ma peau à la vitesse d'un train
exotique
j'y ai apposé de grandes plaines rouges
des flancs ouverts
et vertigineux
là, mes semblables croisaient au large
chacun sa menace sourde
à même l'écorce
qu' un jour empêché de pluie réveille brusquement
je processionne
et ploie un peu sous les fleurs suspectes que libère le corps
des plaies
des plaies mineures
qui revendiquent un volcan pour père
et voisinent mon souffle à jamais

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