jeudi 12 juillet 2012

Rire et morsure de l'errant


1.

A l’auberge étrange
l’orgue des fosses, vert de nuit
sa propre lune
tous chats
J’ai vu passer celui qui, dans un sac,  
a le lent couteau des plaines tournées
l’adieu aux villes de l’Est
cavernes d’été
dont les murs hurlaient
      « fugitif éternel »
J’ai vu des martyrs et des saints
parler en volutes
aux yeux isocèles,
ramassés, dans l’ombre
lèvres sur le jardin
riant vers moi flou et cymbales
Sais-tu que là
des hommes, 
en exil pourtant, 
fêtaient la vie

Avant que le don des fleurs
et le sucre brûlé
ne lèvent leur Empire
les enfants de la clairière
cimes et trapèzes de roches aux mâchoires
tous libres et sauvages
j’ai vu cela
  oui !


2.

Et quand cela je l’avais vu
le feu du raisin sur les tempes
les gemmes
comme la côte bringuebalée
je me suis allongé dans l’averse
je me suis endormi sur le vide
et l’aube
c’était de retrouver la rue

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