mercredi 9 mai 2012

Le ressac et la mort

La ville mourait. Cela pouvait durer des siècles avant qu'elle ne nous pousse loin dans un dernier souffle de poussière jaune.
Je partais. Hors-champ, ainsi, des montagnes aux bruits des rameurs. Ignorant les roues immenses, je dormais çà et là, à tout jamais pensais-je, dans la moindre flaque glacée qu'offrent les muets chemins.
A l'aide d'un canif, de l'eau aiguë des torrents et des siestes de mort à même la mousse, j'essayais de perdre cette peau devenue chaîne.
J'aurais sacrifié des sabliers et des montres, pour le symbole. J'ai cherché sans la trouver la crevasse où me laisser choir les bras liés. Plus tard, un sage quelconque me montrera le sentier en le traçant de l'index sur mon front. Cette cache est commune à tous les crânes, le plus souvent couverte d'un amas de métaux brillants et de néons.
Ils n'ont eu besoin d'aucune police. Repris par l'électricité ce petit familier que je flairais comme le diamant, repris par la scansion unie des hommes, marchant seul vers les lueurs qui infusent la mort, je quittais la nuit sans balafre.




                                   ©Ori Gherst

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