lundi 9 janvier 2012

Dérive

Il s'est éveillé l’œil au ras des eaux orchestre.
Rien n'y marque la décennie, le siècle même.
Combien de jours ? C'est le temps sourd et buté de la dérive. Le ciel est ouvert comme une traînée d'enfance. Il n'y a pas d'ombre ici, rien que la brûlure. Et dans ce paysage indéchiffrable qui est un grand pays, tout est dangereux.
Des yeux lavés. La peur crue.
Comme lui, tout contre lui, des éclats de drame venus de terres diverses. Femmes, enfants et hommes, rejets rebonds de la taille directe jusqu'à la mer, des ombres fabriquées par des costumes et des treillis.
Invisibles, à découvert et bientôt nus sous une main plus grande que le vent. Ils scrutent ces plaines sans visage. Que savent-ils des épines qui jonchent l'autre rive ?










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